Comment faire le plan d'une dissertation ?
Mis à jour le · 7 min de lecture · par l'équipe HidenGPT
Le plan d'une dissertation part de la problématique : chaque grande partie est une étape de la réponse, pas un morceau du sujet. À l'université, le nombre de parties dépend surtout de la discipline : deux parties et deux sous-parties en droit, le plus souvent trois parties en philosophie et en histoire.
Prenez le temps du plan avant de rédiger. Le livret de licence d'histoire de l'Université de Limoges demande d'y consacrer au moins un tiers du temps de préparation et de ne rien rédiger au brouillon, qui sert à structurer. Quand la consigne de votre enseignant dit autre chose qu'une méthode générale, c'est elle qui compte.
| Discipline | Nombre de parties | Plans courants | À éviter |
|---|---|---|---|
| Droit (guide de l'Université de Fribourg) | Deux parties (I, II) de deux sous-parties (A, B) ; trois acceptées, jamais plus | Deux idées qui répondent à la question en se complétant ou en s'opposant | « Textes de loi, puis application au sujet », « première moitié, deuxième moitié du sujet », des titres avec un verbe conjugué |
| Philosophie (Université de Lille) | Le plus souvent trois parties | Dialectique : une thèse, la thèse opposée, puis le dépassement de leur présupposé commun | Le plan thématique qui définit les notions en I et II et ne traite le sujet qu'en III |
| Histoire (Université de Limoges) | Plusieurs parties, idéalement trois | Chronologique, thématique ou chrono-thématique ; dialectique si le sujet s'y prête | Le plan déséquilibré, incomplet ou bancal, et le hors-sujet |
Partir de la problématique, pas du cours
Tout commence par la lecture du sujet, mot à mot. Le livret de licence d'histoire de l'Université de Limoges donne un exemple parlant : « La Révolution française et les paysans » et « Les paysans et la Révolution française » ne sont pas le même sujet, car le premier terme est le plus important. Le singulier ou le pluriel compte aussi : « la droite en France » n'appelle pas la même copie que « les droites en France ». Définissez ensuite chaque terme, posez les bornes dans le temps et l'espace, puis formulez une question centrale qui regroupe les questions secondaires : c'est la problématique. Le même livret conseille « En quoi » quand le raisonnement va dans un sens, et « Dans quelle mesure » quand il apporte une nuance.
Le plan sert à répondre à cette question. C'est la différence avec un cours : le guide de méthodologie de la Faculté de droit de l'Université de Fribourg rappelle qu'un cours présente les règles l'une après l'autre pour les faire comprendre, alors qu'un travail écrit défend une idée. Recopier le plan du cours donne un exposé, pas une démonstration.
Trouver ses parties en regroupant ses idées
Le guide de Fribourg propose une méthode simple. Dressez la liste de toutes les idées relevées pendant vos lectures. Dégagez deux idées qui se divisent chacune en deux, ou partez de quatre idées, qui deviendront les quatre sous-parties, et regroupez-les par deux. Les idées qui n'entrent dans aucun groupe ne sont pas perdues : elles nourrissent souvent l'introduction. Le livret de Limoges procède de la même façon, en jetant les idées sur le brouillon puis en les classant en deux ou trois grandes catégories, chacune détaillée en deux ou trois sous-parties.
Un exemple sur un sujet de culture générale, « Le télétravail a-t-il transformé le rapport au travail ? ». Quatre idées en vrac : la fin du trajet quotidien, la frontière floue entre vie professionnelle et vie personnelle, une pratique réservée à certains métiers, une évaluation toujours fondée sur la hiérarchie et les résultats. Regroupées par deux, elles donnent un plan :
I. Un rapport au temps et au lieu de travail profondément modifié A. La fin du trajet quotidien et la recomposition des journées B. Une frontière plus floue entre vie professionnelle et vie personnelle
II. Une transformation plus limitée du travail lui-même A. Une pratique réservée à une partie des métiers B. Une évaluation toujours fondée sur la hiérarchie et les résultats
Les intitulés n'ont pas de verbe conjugué et reprennent les termes du sujet, comme le demande le guide de Fribourg. Les deux parties se répondent : un changement réel, puis ses limites.
Deux ou trois parties : ce qui change selon la discipline
En droit, le plan binaire domine. Le guide de Fribourg l'explique par la démarche même du raisonnement, accepte trois parties, mais jamais plus : au-delà, le travail juxtapose des idées et ne démontre rien. Il demande un plan adéquat, cohérent et équilibré, avec des parties et des sous-parties d'importance comparable. L'introduction et la conclusion ne sont pas numérotées.
En philosophie, le guide de méthodologie de l'Université de Lille, mis à jour le 2 juin 2025, présente le plan dialectique en trois parties comme le plus classique, à côté du plan analytique et du plan par renversement. Il proscrit le plan thématique, celui qui consacre les deux premières parties à définir les notions et repousse le sujet à la troisième.
En histoire, le livret de Limoges décrit quatre types de plans. Le chronologique est logique mais pas toujours assez problématisé ; le thématique traite chaque aspect en détail mais se lie difficilement ; le chrono-thématique combine les deux, au prix d'une construction plus difficile ; le dialectique convient quand le sujet s'y prête.
Annoncer le plan et soigner les transitions
L'annonce du plan ferme l'introduction. En droit, le guide de Fribourg demande de n'annoncer que les deux grandes parties, pas les sous-parties, en une phrase qui les relie logiquement ; il juge la formule « Dans un premier temps nous verrons… puis dans un second temps » trop scolaire. En philosophie, le guide de Lille tolère cette formule, mais exige que chaque partie annonce une thèse et non un simple thème : « I. La vérité » ne suffit pas. Les usages varient donc d'une discipline à l'autre, et votre enseignant tranche.
Entre les parties, la transition fait deux choses, selon le livret de Limoges : une phrase qui conclut ce qui vient d'être montré, puis une phrase qui amène la partie suivante. Pour les longueurs, le guide de Lille donne un repère pour un écrit de philosophie de 4 heures : 6 à 8 pages manuscrites, dont une page à une page et demie d'introduction et une demi-page à une page de conclusion. Pour une copie tapée, il demande une police de 12, un interligne de 1,5 et des marges de 4 à 5 cm.
Erreurs fréquentes
- Recopier le plan du cours : construisez le plan à partir de la problématique, chaque partie étant une étape de la réponse.
- Faire un plan thématique en philosophie (« I. La vérité, II. L'opinion ») : faites de chaque partie une réponse au sujet et gardez les définitions pour l'introduction.
- Des parties déséquilibrées : visez des parties et des sous-parties de longueur et d'importance comparables.
- Annoncer les sous-parties dès l'introduction en droit : annoncez I et II, puis les A et B au début de chaque partie.
- Ouvrir sur « De tout temps, les hommes… » : partez d'un fait, d'une citation ou d'un paradoxe précis lié au sujet, comme le demande le livret de Limoges.
- Mettre un verbe conjugué dans les intitulés en droit : préférez des intitulés nominaux qui reprennent les termes du sujet.
Questions
Combien de parties dans une dissertation ?
Deux ou trois, selon la discipline. En droit, deux parties et deux sous-parties sont la norme ; en philosophie et en histoire, trois parties sont les plus fréquentes. Au-delà de trois, le guide de l'Université de Fribourg parle d'un travail qui juxtapose les idées sans rien démontrer.
Quelle différence entre plan dialectique et plan thématique ?
Le plan dialectique oppose deux thèses avant de dépasser ce qu'elles ont en commun ; le plan thématique traite le sujet aspect par aspect, par exemple économique, politique puis culturel. En philosophie, le guide de l'Université de Lille proscrit le plan thématique ; en histoire, le livret de l'Université de Limoges le compte parmi les plans possibles.
Qu'est-ce qu'un plan détaillé ?
C'est le plan complet écrit au brouillon avant la rédaction : introduction, parties, sous-parties, idées avec leurs exemples, transitions et conclusion. Dans le modèle du livret de Limoges, chaque idée tient en une ligne : un argument et un exemple.
Comment annoncer le plan en introduction ?
En une phrase qui relie les grandes parties entre elles. En droit, on n'annonce que I et II ; en philosophie, le guide de Lille demande d'annoncer la thèse soutenue dans chaque partie plutôt qu'un simple thème.
Faut-il des titres apparents dans la copie ?
En droit, oui : les parties et les sous-parties portent des intitulés, sans verbe conjugué selon le guide de Fribourg. En histoire, le livret de Limoges demande au contraire de remplacer les titres du brouillon par des phrases qui introduisent chaque partie.
Combien de pages pour une dissertation ?
Cela dépend de l'épreuve. Pour un écrit de philosophie de 4 heures, le guide de l'Université de Lille compte 6 à 8 pages manuscrites, dont une page à une page et demie d'introduction.
Peut-on faire son plan avec l'IA ?
Seulement si votre enseignant l'autorise, et à condition de garder la problématique et les exemples à votre compte. Le format Dissertation de HidenGPT, par exemple, propose un plan avant de rédiger dès 600 mots et suit par défaut une structure introduction, développement, conclusion : précisez « plan en deux parties et deux sous-parties, titres apparents » dans la consigne si votre cours l'exige. Pour un devoir noté où l'IA est interdite, ne vous en servez pas.
Sources
- Université de Fribourg (Suisse), Faculté de droit : Méthodologie du travail écrit (travail de proséminaire et de séminaire) (consulté le 10 octobre 2026)
- Université de Lille, département de philosophie : Méthodologie de la dissertation philosophique (harmonisation, version du 2 juin 2025) (consulté le 10 octobre 2026)
- Université de Limoges, département d'histoire : livret de licence 1, 2026-2027, « Méthodologie de la dissertation (ou composition) d'histoire » (consulté le 10 octobre 2026)